La "pilote du
dimanche attitude" : état d'esprit pour se faire plaisir...
Les mots (et pas maux !) de la fin
Toutes ces remarques ci-dessous sont judicieuses, et résument bien ce que doit être une sortie circuit avant tout. Et comme je constate que les sorties circuits en clubs se multiplient, j'ai pensé que il serait bénéfique à tous de lire ces conseils qui m'ont été transmis par des amis de clubs de Subaru et autres Japonaises...
Une sortie sur piste est, par essence, un grand moment de bonheur. Malheureusement, parfois, ce genre de sortie tourne au "cauchemar" : auto en miettes suite à un choc, casse mécanique...
Voici quelques éléments qu'il est bon d'avoir à l'esprit pour qu'une sortie se passe dans les meilleures conditions possibles.
La "pilote du dimanche attitude" : état d'esprit pour se faire plaisir...
Les circuits automobiles sont des endroits, par définition, réservés aux autos et pilotes de course.
Leur ouverture au public se fait dans le cadre d'un loisir, et non d'une compétition, même avec soi-même.
Pour les avides de performances personnelles, de temps... il y a la "location de piste en exclusivité" qui est très chère, mais qui offre la possibilité d'aller aux limites (voir encore plus loin) sans risque pour autrui.
Lors de journées ouvertes au public, les plages permettant de "péter un chrono" sont rares, car il y a en général du monde en piste, à des rythmes très différents.
Comportement envers soi-meme :
Avoir (vraiment) conscience de ses limites est un bon moyen de rentrer chez soi entier, accompagné de l'auto, elle aussi, en un seul morceau.
Savoir aussi que l'erreur peut arriver à tout le monde, et surtout à soi, permet :
D'une part d'accepter les éventuelles erreurs des autres ;
D'autre part d'être conscient que l'on pratique un sport dangereux, que les accidents sont fréquents, et impliquent souvent un mur ou un arbre : les sports mécaniques se heurtent souvent aux lois de la physique, c'est inévitable !
Plutôt que de chercher les limites de l'auto, mieux vaut essayer de comprendre les siennes... qui avouent leurs faiblesses bien avant la monture... !
Comportement envers les autres :
Respect, Tolérance et Bonne Humeur sont les clefs d'une bonne journée.
Garder un oeil dans son rétro, utiliser son clignotant pour se laisser dépasser, ses warnings lors des tours chauffe ou de la ventilation garantissent une parfaite compréhension entre les pilotes, et donc une meilleure ambiance sur la piste.
Eviter de tirer la bourre avec quelqu'un qui veut juste dépasser et tourner seul... savoir laisser une marge suffisante pour parer aux éventuelles erreurs... personnelles ou des autres.
Sur une piste, on peut distinguer 5 grands types de pilotes, indifféremment de leurs types de véhicules :
Les bons : ils vont très vite, mais ne
tenteront jamais de dépassement suicide. Ils savent que le meilleur moyen de
dépasser est après la courbe, pas en entrée ou dedans ;
Ceux qui se croient bons : moins
rapides que les bons, ils pensent que la piste leur appartient, et ne se privent
pas de vous le rappeler à grand renfort de dépassement "au ras du rétro" parce
que vous êtes sur "leur" trajectoire ;
L'essentiel de la
meute : ils sont là pour se faire plaisir, et n'ont rien à se
prouver. Ils n'hésitent pas à faire usage de leur clignotant pour se
laisser dépasser par un "bon", qui ne manquera pas de le
remercier... sinon, c'est juste qu'il se croit bon ;
La première fois : il n'est jamais venu sur une
piste... n'est pas vraiment assuré. En prenant soin de regarder dans
son rétro, il évitera de gêner les autres, et se fera plaisir au
bout de quelques tours de piste. Il a en général un sourire qui va
d'une oreille à l'autre ;
Le lourd : est un cocktail de "celui qui se croit bon" et de "la première fois" : il est lent, et occupe la piste en vous faisant comprendre à chaque ligne droite, que même en rêve, vous ne passerez pas. S'il a une auto puissante, ça peut durer un moment... Heureusement, ils sont rares...
Venir faire de la piste, c'est savoir qu'on va rencontrer ces 5 types de personnalités.
C'est le pilote, et lui seul, qui va conditionner la réussite ou non d'une journée en sortie circuit.
En effet, c'est lui qui va juger de l'opportunité de tourner le jour J, en tenant compte des éléments suivants :
Sa forme du jour : un lendemain de fête
risque de se révéler un peu difficile au volant... ;
L'état de l'auto : nous y reviendrons un
peu plus loin. Mais le pilote est seul maître de sa décision : "tourner or not
tourner" ;
Son moral : tourner alors que l'on est préoccupé par des soucis personnels, professionnels... n'est pas recommandé : irritabilité et nervosité seront certainement au programme... et le talus qui se rapproche très vite...
Il est préférable de garder à l'esprit que, même "expérimenté", un "Pilote du Dimanche" reste un amateur, et a besoin d'évoluer dans de bonnes conditions pour que tout se passe bien.
Inutile de tout compliquer avec une auto peu fiable... et un cerveau préoccupé par autre chose que les points d'entrée, de corde et de sortie du virage !
A emporter avec soi :
Pour le pilote, et ses passagers :
De l'eau (beaucoup !) ;
Des biscuits secs... A éviter, les aliments lourds à digérer et les boissons gazeuses.
Pour l'auto :
De quoi refaire les niveaux sur place : huile (surtout), et en cas de pépin : liquide de refroidissement, liquide de freins...
Une roue de secours en état, une croix, un cric qui marche ;
Quelques outils, en cas de desserrage de batterie par exemple...
Il n'y a pas de limite, l'idéal étant de venir avec un jeu de disques/ plaquettes déjà rôdé en cas de besoin... Et pourquoi pas de louer les services de 5 mécanos pour l'assistance plus la masseuse ?
Il faut savoir qu'il n'y a nullement besoin d'être un pro de la mécanique pour s'amuser sur une piste.
Avant de tourner :
Vérification visuelle des pneus : pas d'hernie, pas de gomme arrachée... ;
Pression des pneus : en général, il est bon de surgonfler de 2 ou 300 grammes la pression "autoroute" préconisée pour l'auto ;
Niveaux : liquide de refroidissement (à froid), niveau d'huile (après au moins 15 minutes à l'arrêt), liquide de freins... ;
Batterie : contrôler la fixation de la batterie (elle doit être parfaitement fixée) et veillez à protéger la borne "+" avec du chatterton ou une protection isolante (en cas de tonneau, cela évite les courts-circuits avec la tôle du capot, et limite de fait les risques d'incendie) ;
Extincteur : se munir d'un extincteur est une bonne idée... A condition que celui-ci soit parfaitement fixé (et ne se transforme pas en projectile à la première sortie de piste) et soit accessible par le pilote en cas de besoin...
En gros une vérification habituelle de la voiture telle que j'en fais tous les 500 à 1.000 km...
Sur la piste :
L'idéal est de disposer d'une auto qui propose les indicateurs suivants : témoin d'usure des plaquettes, température d'eau, température d'huile, pression d'huile.
Les tours de chauffe : 2 à 3 tours à allure modérée (mais pas à l'arrêt !) pour que l'auto "prenne sa température" : moteur, boîte, freins et pneus.
A surveiller pendant l'arsouille, le moteur, ainsi que les freins et pneus qui sont très fortement sollicités...
Moteur : surveiller température d'eau et d'huile. En cas d'atteinte de la zone rouge, enchaîner plusieurs tours à bas régime, mais le plus vite possible (3.000 tr/min en 5ème par exemple) jusqu'à ce que la température redescende. L'arrêt immédiat est ce qu'il y a de pire, car les zones de chaleur vont stagner dans le moteur.
Freins : les freins vont probablement faiblir à force d'attaques prolongées... C'est perceptible par l'allongement de la pédale, et quelques bruits sourds lors de freinages puissants. Les voitures lourdes (Subaru, BMW...) sont en général très exposées à ce problème d'endurance des freins, à l'inverse des autos légères (Lotus Elise, Caterham ...) et des Porsche, réputées pour la qualité de leur freinage. Lorsque les freins surchauffent, il faut, comme pour le moteur, faire plusieurs tours sans trop les solliciter, afin de leur permettre de se refroidir, et de récupérer leur efficacité
L'assurance...
Question importante s'il en est ! Qu'en est-il de l'assurance ? Faut-il en parler à son assureur, faut-il absolument être en tous risques ?
Lorsque tu vas rouler sur un circuit , la plupart du temps on te fait signer une décharge. Ce document dégage le circuit de toute responsabilité en cas d'accident ou d'accrochage !
J'ai entendu dire que certaines assurances couvraient les voitures sur circuits mais apparemment elles ne sont pas courantes.
Simple précaution : en parler à l'avance à son assureur habituel !
Les mots (et pas maux !) de la fin
Il faut savoir aussi certaines choses. Sur circuit , l'ordre du clignotant est inversé en cas de dépassement. Si une voiture arrive sur vous, vous vous serrez et vous lui indiquer par quel coté vous voulez qu'il vous double en mettant votre clignotant de ce coté.
N'oubliez pas d'attendre qu'il ait depassé pour reprendre votre trajectoire.
Un autre détail important ! N'oubliez jamais de faire un ou deux tours en roulant peinard avant de vous arrêter. Tout se remet à température ambiante avec l'effet de l'air.
S'arrêter d'un coup dans les stands, risque de vous glacer les plaquettes, faire un joint de culasse, etc...
Avant tout soyez prudent, gardez toujours une marge de sécurité en cas de tête à queue de la voiture devant. Ne collez pas, ça ne sert à rien, il vous a vu et il vous laissera passer dés qu'il pourra.
De toute façon, s'il est revenu sur vous, c'est qu'il est plus rapide donc amusez-vous mais sans vous surpasser !
On ne décerne jamais une coupe au conducteur le plus rapide de la journée. Et on ne se rappellera même pas que vous avez doublé telle ou telle voiture.
Par contre, on se rappellera très bien de vous, si vous vous êtes pris pour un pseudo-pilote en ayant eu une attitude dangereuse et irresponsable. D'autant plus que certains club vous excluront d'office au cours de la sortie par un drapeau noir ; noir comme la couleur de l'infamie !